Présentation

Profil

  • : Stephane Lecomte
  • le-permanent
  • : Homme
  • : 31/01/1983
  • : Paris
  • : paris art etudiant curieux culture
  • : étudiant en arts plastiques, bloggeur, content pour rien, bricoleur utopique, joueur mais pas de poker,

Texte Libre

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Texte Libre

overblog

Publicité

Vendredi 23 novembre 2007
- Communauté : Art contemporain - Publié dans : actu
Par Stephane Lecomte - Ecrire un commentaire
18395028.jpg « -Allo Régis, c’est Stéphane. Alors on le fait cet entretien ?
 –Rappelles-moi dans une demie heure s'il te plait. »

15 heures, c’est parti pour un entretien téléphonique avec Régis Gonzalez, peintre habitant et travaillant à Saint-Etienne. Et exposant actuellement à la galerie Métropolis (jusqu'au 8 décembre 2007), à Paris.

Les regards sont durs, mélancoliques, toujours noirs. Les enfants de Régis Gonzalez sont différents de ceux que l’on peut voir habituellement. En tout cas, l’image que l’on se fait de l’enfance est bousculée.

« Pourquoi des enfants ? »
« Au départ, c’est viscéral. Mais, deux photographies d’enfants semblent être déclencheur de cet intérêt. Sur celles-ci, les enfants avaient des figures étranges selon lui. L’enfance devient le sujet d’une peinture organique où la matière signifie le volume. Les enfants deviennent monstrueux, étranges, repoussant les adultes dans leurs propres inquiétudes vis-à-vis de ce stade

Alors que d’autres peintres pourraient vite tomber dans le pathos, lui traite l’enfance différemment. Les ages s’ajoutent dans le corps d’un être que l’on distingue comme enfant. Une sorte d’hybride de tous les ages de la vie. Cette peinture me fait penser à celle de Runge qui mettait déjà à mal l’image de l’enfance lors du romantisme allemand. Les traits sont gros, l’enfant roi n’est plus aussi lisse qu’à sa naissance. « L’enfant est un réservoir à sensation. » Ici, les enfants ont des nez qui s’allongent, « je me suis aperçu que ça les rendait plus vieux », des membres disproportionnés ou encore des yeux trop écartés. L’image de l’enfance est bien mise à mal.
Les couleurs, elles non plus, ne sont pas communes. La palette est certes minime, quatre tubes seulement, mais le résultat est d’une grande efficacité. D’abord le squelette, puis les muscles enfin la peau. Travailler comme les « anciens » a un sens aussi pour le jeune artiste, dans une époque où on oublie beaucoup trop vite l’héritage, « où tout va trop vite ». Les visages mortifères rappellent ceux des zombies. « Mes références sont très cinématographiques. Beaucoup de films des années 70, surtout les films fantastiques, d’horreur. J'aime des réalisateurs comme william Friedkin, Scorcese, Carpenter, Romero » C’est ainsi que les corps ainsi traités deviennent matériels. Ils bougent. Ils s’imposent dans le format. Ils prennent le dessus sur le fond, lui très plat, sans profondeur. « Le fond doit s’adapter à la figure. »
Régis parle beaucoup de la réalité. Il parle de ses indispensables retours aux sources qu’il fait de temps en temps. Il semble avoir beaucoup d’amour pour cette réalité que l’on ne voit plus. Il lui arrive bien de reprendre contact avec elle pour échanger. La réalité, là où l’on ne parle pas que d’art. Et on la surpasse, on s’élève. On perçoit cette élévation dans cette peinture. On sent cette envie de démarcation. Il avoue même vouloir « détruire ce qu’il a appris ». Pour mieux créer.

Aux références littéraires s'ajoutent les grand maîtres: Caravage, Goya, Bronzino. Il cite même Pignon Ernest ou Rebeyrolles. Plus jeunes, ce sont des peintres comme Marc Desgrandchamp, Ronan Barrot, ou Cristine Guinamand qui ont grâce à ses yeux.
Gonzalez tient son discours. Un discours en totale évolution, en train de se faire parfois hésitant. Un discours parfois contradictoire. Mais peu importe. Ce dont il peint, il en est sûr. Aucun pathos, aucun engagement social ou politique, Régis parle de peinture sans tous ces clichés qui font trop de mal. Régis Gonzalez est un peintre de la réalité contemporaine, ancré dans l’histoire. Une réalité sans manichéisme que l’on cherche trop souvent à oublier.
17h30 : « mon téléphone semble ne plus avoir de batteries. On se voit très vite Stéphane. »
Au plaisir.

Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus